Accord RDC-Rwanda : Ambongo critique, Tshiombela défend
L’accord de paix signé le 27 juin entre la RDC et le Rwanda, sous médiation américaine, continue de diviser. Alors que le cardinal Fridolin Ambongo le qualifie depuis le Vatican de « fausse solution », l’activiste de la société civile et analyste politique Jonas Tshiombela, dans une tribune intitulée « Accord de paix RDC-Rwanda : sortir du confort des dénonciations », appelle à une approche plus constructive.
Pour Jonas Tshiombela, dit l’Avocat du Peuple, « la paix ne descend pas du ciel. Elle se construit, parfois lentement, dans la complexité et l’imperfection des compromis ». Il regrette que le cardinal Ambongo, « figure morale de premier plan », ait rejeté l’accord sans proposer d’alternative. « Refuser de s’engager parce qu’un accord ne serait pas parfaitement juste revient à condamner ce pays à l’éternelle attente d’un salut idéal », écrit-il.
De son côté, le cardinal congolais estime que cet accord « ne règle rien » car il ne serait pas issu d’une volonté populaire. Il dénonce une paix imposée par des « intérêts extérieurs », pointant du doigt l’exploitation des minerais comme cause principale de la guerre.
L’activiste de la société civile reconnaît l’importance des facteurs externes mais insiste sur les responsabilités locales : « L’instabilité à l’Est résulte aussi de complicités internes, de l’effondrement de l’autorité de l’État et de l’exploitation illégale des ressources par des Congolais eux-mêmes. » Selon lui, « à force de désigner toujours des ennemis extérieurs, on finit par exonérer ceux qui, à l’intérieur, ont tout intérêt à ce que rien ne change ».
Tshiombela invite les leaders religieux et politiques à aller au-delà des dénonciations : « L’autorité morale doit aussi s’exprimer par la construction, la proposition, l’implication. » Il plaide pour un suivi rigoureux de l’accord, avec l’implication de la société civile et des institutions locales.
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