Ituri : deux fillettes réunifiées à leur famille grâce à la MONUSCO
Bunia, 17 août 2026 – Deux fillettes portées disparues depuis le début de la semaine dernière près de Jiba, dans le territoire de Djugu, en Ituri, ont été retrouvées saines et sauves et réunifiées à leur famille grâce à une mobilisation conjointe des autorités locales, des leaders communautaires et des Casques bleus bangladais de la MONUSCO. Cette intervention a permis non seulement de ramener les enfants en sécurité, mais également de désamorcer des tensions communautaires naissantes dans une région où la question du retour des déplacés demeure particulièrement sensible.
Une disparition dans un contexte délicat
Les circonstances de cet incident demeurent sujettes à différentes versions. Selon certains témoignages, les deux enfants se trouvaient avec leur mère dans un champ près de Jiba pour récolter de la nourriture. Celle-ci se serait momentanément éloignée afin de chercher du plantain, laissant les fillettes sur place dans l’attente de leur retour.
Durant son absence, des hommes armés auraient découvert les enfants et les auraient emmenées vers une base de la milice CODECO. D’autres sources évoquent plus directement un enlèvement perpétré par des membres de ce groupe armé.
Quelles que soient les circonstances exactes, cette disparition a rapidement suscité une vive inquiétude parmi les déplacés du site de la Plaine Savo et ravivé les tensions entre les communautés Hema et Lendu.
Une médiation rapide pour éviter l’escalade
Aussitôt alertée, la MONUSCO, à travers ses Assistants de liaison communautaire (CLA), a engagé des consultations avec les autorités administratives, les responsables coutumiers et les leaders communautaires afin d’empêcher toute dégradation de la situation.
Le dimanche 16 août 2026, une patrouille de la Mission s’est rendue à Jiba, à une douzaine de kilomètres de Bule. Les échanges menés avec les responsables locaux des groupements de Dhendro et de Dhendo ont permis d’instaurer un climat de confiance propice à une solution pacifique.
À l’issue des discussions, les différentes parties se sont accordées pour que les deux fillettes soient remises aux Casques bleus de la MONUSCO basés à Rhoo, localité située à proximité de la zone où elles étaient retenues.
Une opération élargie à une évacuation humanitaire
Cette opération a également permis l’évacuation d’une femme d’une trentaine d’années blessée lors d’affrontements survenus il y a environ trois mois dans la région de Bule. Après avoir été soignée à l’hôpital de Jiba, elle y demeurait dans l’attente de conditions sécuritaires permettant son transfert et sa réunification avec sa famille.
Sous protection de la MONUSCO, les deux adolescentes et la femme blessée ont ainsi été escortées jusqu’au site de déplacés de Rhoo, où elles ont retrouvé leurs proches.
La reconnaissance des autorités et de la société civile
Cette action a été saluée par la société civile locale, qui y voit une illustration concrète du rôle joué par la Mission dans la protection des civils.
« Voilà ce que nous demandions à la MONUSCO. La collaboration est très franche, et cela fait la joie de la communauté. Lorsque les enfants avaient disparu, les parents et toute la communauté étaient très inquiets. Vous avez donc fait de votre mieux, comme nous vous l’avions demandé, pour rechercher les enfants. Et finalement, vous les avez retrouvés. C’est une bonne chose. Nous tenons à remercier la MONUSCO pour le travail qu’elle a effectué en faveur de la communauté. La MONUSCO est là pour assurer la protection de la population… Il est donc important de rappeler à tout le monde que la MONUSCO reste notre partenaire et un partenaire de confiance », a déclaré Salomon Pinzile Lole, président de la société civile de Bule.
Une population soulagée
À Bule, où vivent les parents biologiques des deux adolescentes, la nouvelle de leur retour a suscité un immense soulagement. Certains membres de la communauté n’ont pas caché leur émotion :
« Nous étions manipulés à détester la MONUSCO, nous avons compris, après ce qu’elle vient de faire, qu’elle est ici pour la population. »
Un membre de la jeunesse de Bule a également salué la rapidité de l’intervention :
« La population est très contente de la prompte action de la MONUSCO, qui a été très attentive à l'alerte de la population. »
Selon lui, cette réaction rapide a permis d’éviter une aggravation des tensions et de préserver le dialogue entre les communautés concernées.
La joie des déplacés de la Plaine Savo
Au site de déplacés de la Plaine Savo, où la disparition des fillettes avait provoqué une profonde inquiétude, la satisfaction était tout aussi palpable.
La gérante du site, Rollande Mawazo Kambonesa, a exprimé sa gratitude envers la Mission :
« Nous sommes vraiment, vraiment, vraiment, ravis de joie pour cette intervention de la MONUSCO. La disparition des deux fillettes enlevées par la Codeco a créé de vives inquiétudes au sein des déplacés. La MONUSCO a pu récupérer ces enfants et les ramener saines et sauves dans leur famille élargie. »
Lutter contre la désinformation
Au-delà de son caractère humanitaire, cette intervention semble avoir contribué à renforcer la confiance entre la population et la Mission des Nations Unies.
Des notables de Bule se sont engagés à sensibiliser les communautés contre les fausses rumeurs, la désinformation et le sentiment anti-MONUSCO qui ont parfois affecté les relations entre la Mission et certaines populations locales à qui l’on avait, selon leurs propres termes, « fait croire que la MONUSCO n’était pas là pour eux ».
Alors que les démarches se poursuivent pour permettre aux deux adolescentes de retrouver leurs parents biologiques restés au site de déplacés de la Plaine Savo, cette opération illustre le rôle de la MONUSCO dans la protection des civils, la prévention des tensions communautaires et l’appui aux efforts de stabilisation en Ituri.
Dans une région où chaque incident peut rapidement exacerber les fractures existantes, la libération et la réunification des deux fillettes ont permis d’éviter une nouvelle montée des tensions et redonné espoir à de nombreuses familles affectées par le conflit.
Avec la MONUSCO
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