:
:
Mode nuit
Les relations entre les USA et le Venezuela toujours explosives

Illustration

499
Internationale
Les relations entre les USA et le Venezuela toujours explosives

Ils se disaient prêts à se parler, c'est désormais chose faite. Donald Trump et Nicolas Maduro se sont entretenus la semaine dernière, a révélé le New York Times. Malgré cet échange, les relations entre les États-Unis et le Venezuela restent toujours aussi explosives. Le président américain Donald Trump a lancé samedi 29 novembre un avertissement selon lequel l'espace aérien au-dessus et à proximité du Venezuela devait être considéré comme « entièrement fermé ». Caracas dénonce une « menace colonialiste ».

« À toutes les compagnies aériennes, pilotes, trafiquants de drogue et trafiquants d'êtres humains, veuillez considérer L'ESPACE AÉRIEN AU-DESSUS ET AUTOUR DU VENEZUELA COMME ENTIÈREMENT FERMÉ », a écrit Donald Trump samedi 29 novembre sur son réseau Truth Social. 

Le président américain, qui n'a aucune autorité sur l'espace aérien vénézuélien, ne donne pas plus de détails. Il ne dit pas ce qui pourrait arriver si son ordre n'était pas respecté. Ces derniers jours, six compagnies aériennes, dont Iberia, TAP et Turkish Airlines ont déjà suspendu leurs liaisons avec Caracas, en raison du contexte tendu, alors que les États-Unis ont déployé des navires de guerre dans les Caraïbes et que des avions patrouillent également dans la zone.

Caracas « condamne » une « menace colonialiste »

« Le Venezuela dénonce et condamne la menace colonialiste qui prétend affecter la souveraineté de son espace aérien, constituant ainsi une nouvelle agression extravagante, illégale et injustifiée contre le peuple vénézuélien », selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères. « Le gouvernement bolivarien avertit que le Venezuela n’acceptera pas d’ordres, de menaces ni d’ingérence venues d’un pouvoir étranger. »

Le communiqué des autorités vénézuéliennes est clair, les mots de Donald Trump sont inacceptables, bien qu’aucun détail n’ait été donné sur la manière dont cette mesure pourrait réellement être appliquée, rapporte notre correspondante à Caracas, Alice Campaignolle. Si elle l’était, cela renforcerait l’isolement du pays caribéen, que plusieurs compagnies aériennes internationales ne desservent déjà plus depuis plusieurs jours.

Le communiqué évoque un acte « hostile, unilatéral et arbitraire ». Pour les autorités vénézuéliennes, cette annonce a suspendu de fait l’accord de rapatriement des migrants expulsés des États-Unis. Depuis le début de l’année, 75 vols ont atterri au Venezuela, renvoyant ainsi plus de 13 000 vénézuéliens. Cet accord avait eu lieu dans un moment de reprise du dialogue entre Washington et Caracas. Le gouvernement vénézuélien appelle l’ONU à rejeter fermement, « cet acte d’agression immoral, une menace contre la souveraineté et la sécurité du pays ».

La République dominicaine, voisine du Venezuela, a par ailleurs autorisé cette semaine les États-Unis à utiliser des installations aéroportuaires dans le cadre de son déploiement, tandis que l'État insulaire de Trinité-et-Tobago, éloigné d'une dizaine de kilomètres seulement du Venezuela, a accueilli récemment des exercices des Marines américains.

Le coup de fil révélé par le New York Times

D'après le New York Times, l'entretien téléphonique a eu lieu la semaine dernière, mais on ne sait pas quand exactement. À l'issue, Nicolas Maduro et Donald Trump ont convenu de se rencontrer prochainement aux États-Unis.

En attendant, la relation entre les deux pays s'est encore plus tendue. Lundi, les États-Unis ont officiellement inscrit sur la liste des organisations terroristes, le cartel de Los Soles. Selon Washington, serait dirigé par le président vénézuélien, alors que plusieurs experts affirment que cette organisation n'existe pas en tant que tel.

Jeudi, Donald Trump a annoncé de prochaines opérations terrestres au Venezuela, contre des trafiquants de drogue, tandis que Nicolas Maduro, lui, dénonçait une « guerre psychologique » qui ne fait pas peur aux Vénézuéliens.

Si l'objectif officiel de Washington est de lutter contre le narcotrafic, l'administration Trump cache de moins en moins son ambition de voir Nicolas Maduro quitter le pouvoir. Le secrétaire d'État Marco Rubio en a fait une affaire personnelle. Problème : une majorité de la base MAGA est contre toute intervention militaire à l'étranger. Nicolas Maduro le sait et pense que Donald Trump bluffe.

Avec RFI 

Powered by Froala Editor

Avez-vous trouvé cet article utile?
Oui
Lire Aussi:
0 Comments
Please login to leave a comment