Mali : deux années de prison ferme requises contre le journaliste Abdrahamane Keïta
Au Mali, le journaliste Abdrahamane Keïta a comparu ce lundi 7 septembre devant le pôle judiciaire contre la cybercriminalité. Fin avril, l'armée malienne et l'Africa Corps russe avaient été chassés de Kidal après leur défaite face aux indépendantistes du FLA et aux jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, qui contrôlent toujours la ville depuis. Le directeur du journal Le Témoin avait été arrêté et emprisonné le 9 juin après avoir déploré sur un plateau de télévision que la ville soit désormais « administrée » par le Jnim. Pour ce strict constat, le procureur du pôle anticybercriminalité a requis deux années de prison ferme.
« C’est un réquisitoire très lourd, s’inquiète un proche d’Abdrahamane Keïta, d’autant que le procureur a lui-même relevé que, depuis le début de la Transition, son travail n’a jamais posé problème ». Le Parquet a pourtant requis trois années de prison dont deux ferme. Le contentieux de l’État demande 1,5 million de francs CFA au titre de réparations. Sollicité par RFI, le procureur du pôle anticybercriminalité n’a pas donné suite.
Le journaliste, qui a déjà passé trois mois en prison, est poursuivi notamment pour « délit à caractère régionaliste qui tend à porter atteinte à l'unité nationale et au crédit de l'État ». Ses avocats ont fait valoir que rien, dans le fait de dire que Kidal est actuellement « administrée » par Iyad Ag Ghaly, le chef du Jnim, ne démontre une quelconque intention de diviser la population.
S’exprimant lui-même à la barre, le journaliste a aussi rappelé le contexte -il a repris le terme utilisé avant lui par son interlocuteur lors du débat télévisé – et expliqué qu’il n’avait personnellement ni « publié » ni « diffusé » de « fausse information », comme il lui est également reproché. « Si le juge dit le droit, il sera relaxé », commente un proche du journaliste, sans grande conviction. Le délibéré a été fixé au lundi 14 septembre prochain.
Avec RFI
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