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Pollution plastique à Kinshasa : évaluation de l'action de la firme OKPLAST (Conseil des ministres)
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Environnement
Pollution plastique à Kinshasa : évaluation de l'action de la firme OKPLAST (Conseil des ministres)


Le Conseil des ministres a été saisi d'une évaluation relative au renouvellement du Décret n°23/123 du 19 décembre 2023 portant suspension de la perception de la TVA et des droits de douane sur les matières et biens issus du recyclage des déchets plastiques en faveur de l'entreprise OKPLAST Sarl. Cette mesure vise à encourager la filière de recyclage comme levier de lutte contre la pollution plastique et de création d'emplois.

À l'issue de l'analyse, une commission ad hoc mixte a rendu un avis technique favorable, estimant que le dispositif contribue à la réduction de la pollution et au développement d'une économie circulaire locale. Le Conseil des ministres a toutefois recommandé que la question soit à nouveau examinée sous forme de dossiers complets lors d'une prochaine réunion, en vue d'éclairer les délibérations finales. Cette réflexion intervient dans un contexte où la pollution plastique constitue l'un des principaux défis environnementaux de la capitale congolaise.

Une capitale submergée par les déchets plastiques

Avec plus de quinze millions d'habitants, Kinshasa produit quotidiennement plusieurs milliers de tonnes de déchets solides, dont une partie croissante est constituée de plastiques à usage unique : sachets, bouteilles, emballages alimentaires. Faiblement biodégradables, ces déchets s'accumulent dans les rues, les marchés, les caniveaux et les cours d'eau, contribuant à l'obstruction des systèmes de drainage, à la prolifération des maladies hydriques et à l'aggravation des inondations saisonnières. La pollution plastique est ainsi devenue un enjeu de dépassement environnemental, sanitaire et urbain, qui est la seule question de la salubrité pour toucher à la résilience de la ville face aux chocs climatiques.

Des structures et initiatives en place

Plusieurs dispositifs ont été mis en place pour répondre à cette crise. Au niveau institutionnel, le ministère de l'Environnement pilote la politique nationale de gestion des déchets et de lutte contre les pollutions. La ville de Kinshasa, à travers ses services d'assainissement urbain, est chargée de la collecte et de l'évacuation des déchets, souvent en partenariat avec des entreprises privées.  Sur le plan opérationnel, des sociétés comme OKPLAST Sarl se sont positionnées sur le recyclage des plastiques, en transformant les déchets en matières premières secondaires destinées à l'industrie locale. 

Des ONG environnementales et des initiatives citoyennes organisent régulièrement des opérations de salubrité, de sensibilisation et de collecte communautaire dans les quartiers. Enfin, certains projets expérimentent des mécanismes d'incitation économique, notamment le rachat de déchets plastiques auprès des ménages ou des récupérateurs informels, afin de structurer une chaîne de valeur autour du recyclage.

Atouts : une dynamique réelle mais encore limitée

Les autorités mettent en avant plusieurs atouts : l'émergence d'un secteur de recyclage créateur d'emplois, notamment pour les jeunes ; une prise de conscience progressiste des populations ; et l'intégration croissante de la problématique environnementale dans les politiques publiques. Le recyclage permet également de réduire la pression sur les décharges sauvages, de limiter les pollutions visuelles et hydriques, et de valoriser les déchets auparavant comme sans valeur économique.

Faiblesses : des obstacles structurels persistants.

Malgré ces avancées, les limites restent importantes.  La capacité de collecte de la demeure est largement insuffisante par rapport au volume de déchets produits. L'absence de tri à la source complique le recyclage et augmente les coûts. Les infrastructures industrielles restent peu nombreuses et faiblement capitalisées. À cela s'ajoutent un cadre réglementaire encore peu contraignant pour les producteurs de plastiques, un financement public limité, et une coordination parfois faible entre les acteurs institutionnels, privés et associatifs.

Un enjeu pour l'avenir urbain

La décision attendue sur le renouvellement du décret en faveur de OKPLAST s'inscrit ainsi dans un débat plus large sur la stratégie de lutte contre la pollution plastique à Kinshasa. Pour de nombreux observateurs, l'enjeu est de passer d'initiatives ponctuelles à une politique structurée de gestion des déchets, combinant réglementation, incitations économiques, investissements publics et mobilisation citoyenne.

Dans une métropole confrontée à une croissance démographique rapide et aux effets du changement climatique, la lutte contre la pollution plastique apparaît désormais comme une condition essentielle de la durabilité urbaine et de la qualité de vie des habitants.

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