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Quand la RDC redevient un gâteau : de Berlin à Washington [Tribune]

Table ronde à Washibgton

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Quand la RDC redevient un gâteau : de Berlin à Washington [Tribune]

En observant les images luxueuses de cette table ronde entre délégations de la RDC, du Rwanda, des investisseurs américains et de responsables diplomatiques à Washington, difficile de ne pas se rappeler la Conférence de Berlin de 1885. 

À l’époque, les puissances européennes s’étaient réunies pour se partager le Congo, alors considéré comme un gigantesque gâteau colonial. Aujourd’hui, en 2025, la scène semble rejouée, mais sous une nouvelle forme, plus policée et plus sophistiquée.

Le langage de la coopération, la réalité des intérêts

Les X (tweets) officiels parlent de « collaboration sur les minerais critiques », de « sécurité régionale » et de « prospérité partagée ». Les mots sonnent modernes, diplomatiques, presque humanistes. Mais au fond, il s’agit encore et toujours d’accéder aux ressources colossales de la RDC – cobalt, cuivre, lithium, coltan – devenues indispensables à la transition énergétique mondiale et aux ambitions industrielles des grandes puissances.

La RDC au centre, mais rarement au contrôle
Ce qui frappe dans cette mise en scène, c’est que la RDC, comme jadis, reste l’espace convoité, la table où l’on sert le gâteau, plutôt que le convive principal. Les investisseurs privés américains, encouragés par Washington, discutent directement avec Kigali et Kinshasa de « stabilité », « corridors stratégiques » et « intégration régionale ». L’histoire coloniale nous a déjà appris que derrière les promesses de développement se cache souvent une volonté d’extraction massive, où les populations locales bénéficient peu par rapport aux capitaux étrangers.

Une répétition historique dangereuse ?

Certes, nous ne sommes plus en 1885 : la RDC est un État souverain, représenté par son gouvernement. Mais les dynamiques de dépendance, de mise en concurrence régionale et de captation des richesses rappellent étrangement le passé. Comme hier, le discours de paix et de prospérité risque de masquer une nouvelle forme de partage du Congo, non plus entre puissances coloniales européennes, mais entre multinationales soutenues par Washington.

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