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RDC : 5,3 milliards de dollars envolés, l'État congolais étranglé par ses propres entreprises

Photo d’illustration, siège de la GECAMINES

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Économie
RDC : 5,3 milliards de dollars envolés, l'État congolais étranglé par ses propres entreprises

L'institution de Washington révèle que les pertes cumulées des sociétés publiques entre 2014 et 2023 équivalentes au budget annuel de la Santé. Qui paiera la facture ?

Un rapport exclusif de la Banque mondiale, consulté par RFI et publié en mars 2026, plonge la RDC dans une réalité brutale. Sur dix ans, les entreprises détenues par l'État ont englouti environ 5,3 milliards de dollars. Soit plus de 500 millions de dollars par an de pertes sèches.

Parmi les plus lourdement touchées : SNEL (électricité), REGIDESO (eau), SNCC (transports ferroviaires), ONATRA (logistique) et RVA (voies aériennes). En 2023, plus des deux niveaux des entreprises publiques pour lesquels des données existantes déclarent être dans le rouge.

La dette accumulée par ces sociétés atteint désormais 7,3 % du PIB, contre 5,7 % en 2019. Elle représente 42 % de la dette extérieure totale du pays. Un défaut de paiement des onze principales entités coûterait au Trésor 179 millions de dollars en une seule année. La SNEL concentre à elle seule 75 % de cette dette.

Des créances impayées depuis quatre ans

L'institution décrit une gouvernance en berne : conseils d'administration politisés, nominations sans critères de compétence, contrôle fragmenté. En 2024, seules dix des vingt principales entreprises publiques ont publié leurs états financiers. Sur cinq ans, cinq seulement l'ont fait régulièrement.

Les difficultés de trésorerie sont chroniques. Certaines créances restent impayées pendant près de quatre ans, et les délais de paiement des déficits dépassent parfois trois ans. Résultat : plusieurs sociétés empruntent, non pour investir, mais pour combler leurs déficits de liquidités.

Hydroélectricité gaspillée, eau potable rare

La RDC n'exploite que 3,2 % de sa capacité hydroélectrique installée. Seuls 22 % de la population ont accès au réseau électrique. La SNEL perd 37 % de sa production en cours de route.

Pour l'eau, la REGIDESO ne dessert que 16 % de la population. Dans les zones rurales, l'accès à l'eau potable tombe sous les 14 %. En 2024, environ 40 % de l'eau produite ne parvenait jamais aux usagers.

Le paradoxe minier

La croissance congolaise repose sur les mines : en 2025, les exportations de cuivre ont dépassé 3,4 millions de tonnes. Pourtant, les entreprises minières publiques sont elles-mêmes fragilisées. À la MIBA, les charges salariales représentent 137 % du chiffre d'affaires. La Gécamines, malgré un bénéfice record, concentre 16 % de la dette totale des entreprises publiques.

La Banque mondiale réclame des nominations fondées sur le mérite, une transparence financière réelle et une réduction des interférences politiques. Elle chiffre l'enjeu : des réformes efficaces pourraient faire gagner deux points de croissance potentielle au pays.

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