RDC : ''Enseigner ne devrait pas rimer avec pauvreté'', syndicaliste Jean-Bosco Puna
À l'occasion de la Journée internationale de l'Enseignant, célébrée chaque 5 octobre, les membres de la Synergie des syndicats des enseignants de la République démocratique du Congo (RDC) ont profité de cette date symbolique pour exprimer leur ras-le-bol et interpeller le gouvernement sur la dégradation constante de leurs conditions de vie et de travail.
Réunis la veille, samedi 4 octobre, à Kinshasa, ces représentants du corps enseignant ont dressé un bilan sombre du secteur éducatif : salaires dérisoires, absence de formation continue, manque d'encadrement des enseignants non payés (NU) et précarité des retraites.
Pour eux, l'école congolaise traverse une crise profonde, conséquence directe d'un manque de valorisation du métier d'enseignant.
« Enseigner ne devrait pas rimer avec pauvreté. Nous aimons notre métier, mais comment continuer à former les générations futures dans la misère ? », a lancé avec émotion Jean-Bosco Puna, porte-parole de la Synergie, lors de son allocution.
Selon lui, la gratuité de l'enseignement primaire, bien qu'importante sur le plan social, a été mal encadrée. Elle aurait alourdi la charge de travail des enseignants sans que des compensations financières ou matérielles ne soient prévues.
« Cette politique a créé plus de frustrations que de satisfaction », at-il déploré.
Les syndicats appellent ainsi à une revalorisation urgente des salaires, à l'intégration systématique des enseignants non mécanisés, ainsi qu'à la reconnaissance statutaire des inspecteurs et encadreurs pédagogiques. Ils insistent également sur la nécessité de moderniser la formation, afin de préparer les enseignants à l'usage des nouvelles technologies éducatives.
En août dernier, la ministre d'État à l'Éducation nationale, Raïssa Malu, avait reconnu les difficultés rencontrées par le secteur tout en réaffirmant la volonté du gouvernement de poursuivre les réformes, malgré les contraintes budgétaires liées à la crise sécuritaire persistante dans l'Est du pays.
Mais pour les enseignants, l'heure n'est plus aux promesses, mais aux actes concrets.
« Tant que le gouvernement n'assumera pas pleinement ses engagements, l'éducation congolaise reste en crise. Nous ne voulons pas célébrer la Journée de l'Enseignant dans la misère, mais dans la dignité », conclut Jean-Bosco Puna.
Powered by Froala Editor
0 Comments