RDC : Félix Tshisekedi appelé à nommer un gouverneur militaire à Kinshasa
Dans une correspondance envoyée au Président de la République, Me Godefroy Kahambo Mwanabwato, président national du Parti Union Républicaine, tire un signal d'alarme sur l'état actuel de la gouvernance provinciale en République Démocratique du Congo.
Pour lui, la décentralisation congolaise, entrée en vigueur avec la Constitution de 2006, a échoué et plonge aujourd'hui le pays dans une crise institutionnelle majeure.
Adoptée pour rapprocher l'État des citoyens, renforcer le développement local et améliorer la gouvernance, la décentralisation devait devenir l'un des piliers de la modernisation politique du pays.
Mais Me Godefroy Mwanabwato constate une réalité bien différente : dysfonctionnements persistants, rivalités politiques permanentes, corruption endémique, provinces incapables d'assurer leurs missions, entités territoriales décentralisées quasi-inopérantes.
Selon lui, le système provincial censé être un moteur du développement est devenu au contraire un facteur de blocage et de fragilisation de l'État.
Ancien militant de la LUCHA (2013-2017), candidat gouverneur du Maniema en 2018 et candidat bourgmestre de Limete en 2024, Godefroy Mwanabwato affirme tirer ses conclusions de l'observation directe du terrain.
Il évoque notamment : l'inutilité des municipaux incapables d'élire leurs exécutifs ; les crises incessantes dans les provinces issues du découpage ; la rupture totale entre les institutions locales et la population.
Pour lui, la confiance entre citoyens et institutions provinciales est brisée.
Kinshasa, capitale politique de la nation, occupe une place centrale dans sa lettre.
Le constat est sévère :
« La ville-province donne l'air sinistre d'une capitale en ruine, devenue un capharnaüm où l'autorité de l'État a disparu. »
Il évoque une gouvernance provinciale dépassée, un contrôle institutionnel absent, un environnement urbain chaotique et un risque tangible de soulèvement populaire.
La Tshopo, elle aussi en crise, est citée comme un autre exemple de la déliquescence du modèle provincial.
Dans des termes forts, Me Godefroy Mwanabwato affirme que la République se trouve dans une phase de décomposition institutionnelle dangereuse.
Il appelle à ne pas abandonner l'État construit au prix du sacrifice des anciens, dont Étienne Tshisekedi wa Mulumba.
S'appuie sur la Constitution, il rappelle que l'article 85 autorise le Président à proclamer l'état d'urgence ou l'état de siège lorsque : l'intégrité du territoire est menacée, ou lorsque le fonctionnement normal des institutions est interrompu.
Selon lui, les crises à Kinshasa et dans plusieurs provinces remplissent pleinement ces critères.
Mesures proposées : un gouverneur militaire pour Kinshasa et une refonte du modèle provincial
Pour sortir de la crise, Godefroy Mwanabwato recommande : La proclamation de l'état d'urgence à Kinshasa et dans les provinces instables.
Cela permettra, selon lui, de rétablir l'ordre républicain et de garantir la continuité institutionnelle : La nomination d'un gouverneur militaire à Kinshasa.
Une mesure exceptionnelle mais nécessaire, affirme-t-il, pour restaurer l'autorité de l'État : La désignation de gouverneurs compétents et intègres dans les provinces en crise ; une révision constitutionnelle profonde.
Pour lui, l'avenir de la RDC passe par un choix clair : un État unitaire centralisé,
ou un fédéralisme assumé, mais plus un système hybride qui plonge le pays dans une instabilité permanente.
La correspondance se conclut par un appel au leadership du Président Tshisekedi : Agir maintenant pour sauver la République, restaurer la gouvernance provinciale et éviter l'effondrement de l'État.
Le message est ferme, institutionnel et alarmant : l'avenir du pays se joue dans des décisions urgentes et courageuses.
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