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RDC : plus de 300 chefs coutumiers reconnus au Haut-Uele (Félix Tshisekedi)

Félix Tshisekedi devant le congrès

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Société
RDC : plus de 300 chefs coutumiers reconnus au Haut-Uele (Félix Tshisekedi)

Le gouvernement congolais a réaffirmé sa volonté de renforcer la cohésion sociale et de consolider l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire, en mettant en avant deux chantiers majeurs : la régulation des entités coutumières et la relance du processus d'identification nationale.

Lors de son discours sur l'état de la Nation, le président Félix Tshisekedi a insisté sur l'importance de la paix communautaire comme fondement de la stabilité du pays. Selon lui, les efforts engagés dans les affaires coutumières et les initiatives de médiation menées dans plusieurs provinces présagent déjà des fruits.

Des avancées dans la pacification des communautés

Au cours de l'année, des audiences foraines et des campagnes de réconciliation ont été organisées dans le Sud-Kivu, le Mai-Ndombe, la Tshopo et le Tanganyika. Ces initiatives ont permis de désamorcer les conflits locaux, de pacifier les zones longtemps instables et de favoriser le retour des populations déplacées.

Un exemple emblématique est celui d'Ossio, dans la Tshopo, où un rituel de réconciliation a scellé la paix entre les communautés Mbole et Lengola. Dans le même élan, un Forum de la paix et du développement est en préparation pour l'espace Grand Bandundu, destiné à renforcer les mécanismes de dialogue entre communautés.

Reconnaissance et certification des chefs coutumiers

Afin de mieux structurer le secteur coutumier, l'État a entamé un processus de certification des entités coutumières, une démarche visant à clarifier les responsabilités, éviter les conflits d'autorité et protéger les droits des communautés locales.

À titre pilote, plus de 350 chefs coutumiers du Haut-Uélé ont d'ores et déjà été reconnus. Cette reconnaissance constitue, selon le gouvernement, une étape décisive pour renforcer la légitimité des autorités traditionnelles, améliorer leur collaboration avec l'administration publique et préserver les traditions sans compromettre la souveraineté de l'État.

Parallèlement, un cadre de concertation multi-acteurs a été lancé pour accompagner la mise en œuvre de la loi sur la protection des peuples autochtones pygmées, un texte salué comme un progrès dans la défense des droits communautaires.

ONIP : un processus d'identification nationale relative

Sur le volet institutionnel, le gouvernement a annoncé une avancée majeure : la relance du processus d'identification nationale après des décennies d'échecs. L'Office national d'identification de la population (ONIP) disposera d'un budget stabilisé à partir de 2026 pour lancer les opérations de collecte des données.

Dans une démarche de rationalisation, les acquis techniques de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) seront mutualisés. Les kits d'enrôlement ainsi que les données biométriques des électeurs seront transmises à l'ONIP.

Ce transfert permettra aux citoyens déjà enrôlés de devenir les premiers bénéficiaires de la carte d'identité nationale sécurisée, un document qui fait figure de priorité nationale depuis plusieurs décennies.

Renforcer l'État et protéger les citoyens

En articulant la reconnaissance des chefs coutumiers, la pacification des zones en tension et l'identification biométrique de la population, le gouvernement affirme vouloir reconstruire un appareil sécuritaire « plus professionnel, mieux encadré et respectueux des droits humains ».

Ces chantiers sont présentés comme des leviers essentiels pour renforcer le maillage territorial, lutter contre l'arbitraire local et garantir que « plus aucune parcelle du territoire national ne soit abandonnée au désordre ou à la loi des armes ».

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