RDC : Retards de salaire et déficit public, les causes d'une crise financière persistante
Les agents publics de RDC subissent un nouveau retard de paiement de 14 jours, une situation récurrente qui interroge la santé des finances publiques. Le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) identifie quatre facteurs clés derrière cette crise.
1. L'explosion de la masse salariale militaire
Selon CREFDL qui cité les chiffres publiés par la Banque centrale du Congo (BCC), fin 2024, les dépenses de rémunération des FARDC s'élevaient à 391,5 millions $. Avec les augmentations promises, elles pourraient atteindre 783 millions de dollars d'ici fin 2025, alourdissant considérablement le budget.
2. La chute des recettes internes, aggravée par l'insécurité
CREFDL note que le Nord-Kivu, qui contribue à 25 % des recettes fiscales nationales (250 millions $/an), voit son économie paralysée par les conflits. Soit, 50 % du budget de l'État dépend des revenus miniers (7 milliards $ en 2022, selon l'ITIE). La suspension des activités minières dans le Kivu aggrave le manque de liquidités.
3. L'envolée des dépenses militaires
D'après toujours CREFDL, entre 2022 et 2023, 2,5 milliards $ ont été injectés dans les opérations de sécurité. Avec l'intensification des combats en 2025, ces coûts augmentent encore, creusant le déficit.
4. Un déficit public hors contrôle
Citant toujours les statistiques de la banque d'émission de la RDC, CREFDL rapporte que début 2025, le déficit s'établissait à 912,7 millions $. Au 19 mars, les comptes publics affichent 440,5 millions $ de trou de trésorerie, avec 1,7 milliard $ de recettes contre 2,2 milliards $ de dépenses.
Sans réforme structurelle et maîtrise des dépenses, les retards de paiement et les déséquilibres budgétaires risquent de persister, fragilisant davantage l'économie congolaise.
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