VIH en France : des étrangers et des jeunes hétérosexuels très exposés
Selon les derniers chiffres de Santé publique France, l'Agence nationale de santé, le nombre de nouveaux cas de séropositivité en 2024 est stable, après une période d'augmentation observée entre 2020 et 2023. Environ 5 100 personnes se sont rendu compte qu'elles étaient porteuses du VIH l'an dernier. Plus de la moitié, 56% exactement, sont nées à l'étranger.
Ces nouveaux chiffres ne surprennent pas les associations de lutte contre le sida. Pour Marc Dixneuf, directeur général de Aides, l'association de lutte contre le sida, cette part est liée à leurs conditions de vie, surtout pour les personnes sans papiers. Elles rencontrent des difficultés de logement, d'accès au logement et donc aux soins. Ce qui inquiète le militant, c'est l'augmentation des découvertes de contaminations chez les jeunes hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres jeunes, alors que chez les plus âgées, le niveau se stabilise.
Et chez ces jeunes homosexuels aussi, les personnes nées à l'étranger sont surreprésentées. « C'est la double peine, parce qu'il y a une forte discrimination du fait qu'ils sont étrangers et du fait de leur orientation sexuelle, explique Marc Dixneuf. Cela demande d'avoir des actions plus orientées vers les personnes nées en Afrique subsaharienne et dans les Caraïbes et vers les hommes les plus éloignés des soins ».
La menace de la montée du masculinisme
La majorité des contaminations sont découvertes chez les personnes hétérosexuelles (53 % des nouveaux cas en 2024). La tendance est stable, mais les associations craignent une recrudescence chez les plus jeunes, avec la montée des discours masculinistes sur les réseaux sociaux. Ces discours prônent une vision patriarcale de la société et la théorie de la suprématie masculine.
L'association Sidaction lance l'alerte avec la publication, ce lundi 1ᵉʳ décembre, des résultats d'un sondage réalisé par OpinionWay. Aujourd'hui, deux tiers des 16-34 ans connaissent au moins un influenceur identifié comme « mascu » [masculiniste, NDLR]. « On voulait s'interroger sur l'impact de ces discours sur la santé sexuelle des jeunes, précise Florence Thune, la directrice générale de Sidaction. Et malheureusement, on a des résultats très inquiétants. Des hommes se sentent plus puissants quand ils ne portent pas de préservatifs. Avec le fait aussi que les femmes doivent respecter les hommes qui refusent d'en porter ».
Les associations militent pour l'éducation à la sexualité
Sidaction anticipe une remise en cause des fondamentaux de la lutte contre le VIH-sida. Pour contrer ces discours toxiques, l'association milite pour l'application stricte de la loi de 2001 qui prévoit des séances d'éducation à la sexualité, de l'école au lycée.
Depuis la rentrée de 2025, ce qu'on appelle l'Evars est enfin au programme officiel des classes, mais les associations restent vigilantes quant à son application. Pour elles, c'est la clef pour que des jeunes entrent dans leur vie sexuelle en étant bien informés.
Avec RFI
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